Actualités

Assemblée

La fédération France Victimes est régulièrement invitée à participer à des commissions d'enquête ou d'information au nom des 300 000 personnes victimes qu'elle accompagne chaque année. Elle alimente ainsi les débats parlementaires, en apportant son expertise en matière d'aide aux victimes.

 

Commission d'enquête sur l'incendie de Lubrizol

La Commission d’enquête du Sénat sur l'incendie du Lubrizol a publié ce jeudi 4 juin 2020 pdf son rapport sur l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen le 26 septembre 2019 (435 KB) .

Elle fait 40 préconisations pour éviter que cela ne se reproduise et plaide pour une reconnaissance de toutes les victimes. Parmi les six grandes catégories de préconisations retenues, on note la prise en compte du besoin d’indemnisation rapide pour les victimes.

Le directeur de l’AVIPP, association France Victimes de Rouen, David Delaunay, et la fédération France Victimes, auditionnés en décembre 2019 par la commission d'enquête, saluent la démarche qui consiste à préconiser une indemnisation rapide du maximum de ce qui n’a pas été indemnisé par les assurances. Toutefois, on constate que les besoins des victimes peuvent aller au-delà : dans les faits, les vergers, les potagers, le mobilier de jardin ou les jeux d’enfants qui ont été détruits ne rentreront pas dans l’indemnisation. Les victimes prises en charge par le Réseau France Victimes depuis l’incendie ont du mal à comprendre que le principe pollueur-payeur ne soit pas respecté.

 

Commission d’enquête sur les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire

Créée le 7 janvier 2020 et présidée par Ugo Bernalicis, la commission d'enquête sur les obstacles à l'indépendance du pouvoir judiciaire s’attache à identifier et étudier l’ensemble des obstacles auxquels peut être confrontée la justice dans son fonctionnement quotidien. Elle formulera des propositions afin de garantir l’indépendance de la justice.

France Victimes a été auditionnée dans le cadre de cette commission le 3 juin 2020, lors de la table ronde regroupant les associations de victimes et d'aide aux victimes.

Accéder à la vidéo de la consulation du 3 juin 2020

 

Proposition de loi relative au droit des victimes de présenter une demande d’indemnité au Fonds de Garantie des Victimes

Adoptée en première lecture le 13 février 2020, la proposition de loi relative au droit des victimes de présenter une demande d’indemnité au Fonds de Garantie des Victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions a pour objectif de clarifier l’information des victimes et ainsi simplifier l'accès à l’indemnisation à laquelle elles ont droit.

France Victimes a été auditionnée le 10 juin 2020 par Laurence Harribey, rapporteure de la commission des lois, en prévision de l'examen au Sénat du texte.

 

Mission d’évaluation de la loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes

La fédération France Victimes et l'association locale Paris Aide aux Victimes sont auditionnées le 18 juin par la députée Alexandra Louis, dans le cadre de la mission d’évaluation de la loi du 3 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

 


Mains croisées
 
Pendant le confinement, les 130 associations du Réseau France Victimes ont accueilli 33 426 victimes toutes infractions confondues, et sont restées fortement mobilisées dans la lutte contre les violences conjugales, en hausse de 12 % durant ces 2 mois par rapport à 2019.
 

 

De nouveaux dispositif pour permettre la prise en charge des victimes de violences conjugales 

Les mesures de confinement ont rendu difficile la prise en charge en direct des victimes de violences conjugales et augmenté le nombre de faits. Afin d'assurer leur accompagnement durant cette période, les associations locales de France Victimes ont maintenu un accès par téléphone, visio et mail, une mobilité en cas d'urgence, et se sont adaptées en prenant part à des dispositifs innovants : 

  • coordination avec les cellules d’urgence médico-psychologiques (CUMP) et la Croix Rouge ;

  • déplacement dans les tribunaux judiciaires ou à domicile pour un Téléphone grave danger (TGD) ;

  • création des astreintes de nuit pour les violences conjugales ;

  • fourniture d'une aide financière d’urgence, des bons de taxis ou des kits de 1ère nécessité ;

  • participation à des permanences éphémères dans des centres commerciaux.

Les associations locales ont ainsi pris en charge 13 085 victimes de violences conjugales, dont 7 400 (soit 57 %) sont des nouvelles victimes.

10 003 victimes ont subi des violences physiques. 415 sont suivies pour viols ou agressions sexuelles, 959 pour menaces, 754 pour harcèlement.

 

Focus sur les permanences en centres commerciaux

Du 17 mars au 12 mai, 115 personnes ont été accueillies par des professionnels du Réseau France Victimes sur 22 départements. 24 associations France Victimes ont participé à ces permanences et, à l’issue d’un premier entretien d’écoute et de soutien, ont pu orienter les victimes vers les forces de sécurité intérieure, une solution d'hébergement, ou tout autre service nécessaire. 

Ces permanences ont également permis de communiquer sur l'existence des associations d'aide aux victimes et certaines d'entre elles se maintiennent après le confinement.





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Louis Schweitzer, Président de la Fondation Adrienne et Pierre Sommer et Maryse Le Men Régnier Présidente de France Victimes

Ont le plaisir d'organiser le colloque 

Le chien d'assistance judiciaire

Un chien d’assistance judiciaire accompagne et soutient moralement les personnes qui s’estiment victimes d’infractions pénales – en particulier les enfants – dans tous les actes de la procédure, de l’audition initiale au jugement. Le chien est spécifiquement formé pour cet objectif, dans le cadre de programmes développés depuis longtemps à l’étranger, pilotes en France.

Ce colloque s’adresse prioritairement aux professionnels de la Justice et de l’aide aux victimes : juges, procureurs, avocats, travailleurs sociaux, etc. Il confrontera l’expérience et l’expertise de professionnels de plusieurs pays aux analyses critiques de chercheurs de disciplines différentes : droit, psychanalyse, psychiatrie, neurologie, sociologie, éthologie, psychologie, etc.

 

Intervenants :
Boris Albrecht, Frédéric Almendros, Florian Auffret, Marine Grandgeorge, Alexia Mesthe, Ellen O’Neill, François de Singly, Michel de Sousa, Serge Tisseron, Didier Vernay.

5 octobre 2020, 9h00 -16h30


Salle Olympe de Gouges, Ministère de la Justice
Colloque GRATUIT avec chèque de caution obligatoire
Inscriptions https://fondation-apsommer.org/save-the-date-colloque-le-chien-dassistance-judiciaire/ 


Infostat

L’année dernière, le ministère de la Justice a commandé une enquête statistique, téléphonique, réalisée par le service statistique ministériel de la justice, sur la satisfaction des victimes d’infraction pénale sollicitant les associations d’aide aux victimes (AAV).

Réalisée en septembre 2019 auprès des victimes majeures, elle s’est déroulée selon les modalités suivantes :

  • 7 698 victimes ont rempli le « coupon-réponse » que les intervenants des AAV leur avaient distribué à l’issue de leur entretien ;
  • 4 252 victimes ont accepté être enquêtées par téléphone ;
  • 2 415 victimes ont été contactées pour l’enquête (dont 40 questionnaires incomplets) ;
  • 2 318 ont répondu à l’intégralité de l’enquête.

Au fil de l’analyse, les données ont été confrontées aux résultats connus sur la victimation à partir :

  • Des enquêtes « Cadres de vie et sécurité » réalisées par l’Insee ;
  • Des données du « Service statistique ministériel de la sécurité intérieure ».

Il est à souligner que ces données de confrontation prennent en compte les victimes qui n’ont pas déposé plainte et les affaires qui n’ont pas nécessairement été transmises à l’autorité judiciaire (donc pas directement comparable aux statistiques des affaires reçues par la justice).

Aussi, comme il est indiqué dans l’analyse effectuée par le ministère de la Justice, il convient de garder à l’esprit que ces données sont établies sur la base d’un public que ne reflète pas systématiquement la réalité des victimes que le réseau France Victimes accompagne (ex : uniquement des personnes physiques majeures, coupon distribué principalement lors d’un entretien physique…).

 

300 000 victimes reçues au sein d'une AAV en 2019

Selon l’enquête, environ 300  000 victimes se sont rendues dans une AAV, ce qui représente une part très faible de l’ensemble des victimes, et même des 2 millions de celles passées par la Justice.

Les principales atteintes subies par les victimes sont :

  • Atteintes aux biens (1 million de personnes) ;
  • Atteintes aux personnes (800  000 personnes) ;
  • Atteintes à la règlementation de la circulation et des moyens de transport (120  000 personnes) ;
  • Atteintes à l’autorité de l’État (76  000 personnes).

NB : Les atteintes aux personnes regroupent plusieurs types d’infractions à la personne : atteintes à l’intégrité physique atteintes morale, harcèlement, agressions sexuelles, accidents de la route, discrimination, actes terroristes…

Concernant le profil du public reçu par les AAV, il ressort de l’enquête que les victimes usagères sont :

  • Majoritairement des femmes (en 2019, 71 % des usagers des AAV étaient des femmes vs 45 % des victimes des affaires traitées par le parquet) ;

NB : les données statistques de l’activité des AAV pour 2019 indiquent que 64 % des victimes reçues sont des femmes.

  • En moyenne âgées de 42 ans et plutôt jeunes (près de ¾ des victimes d’atteinte aux personnes et la moitié des victimes d’atteinte aux biens ont moins de 50 ans) ;
  • Plutôt célibataires ;
  • Moins souvent actives que l’ensemble de la population française.

 

Les victimes d'atteintes à la personne plus souvent usagères des services des AAV

Concernant les infractions, les victimes d’atteintes à la personne sont plus souvent usagères des services des AAV que celles d’atteinte aux biens (77 % selon l’enquête ; ce chiffre est de 71% selon la statistique chancellerie « activité des AAV 2019 »).

Aussi, les AAV France Victimes ayant reçu 206  057 victimes d’atteintes aux personnes en 2019, le ratio de prise en charge se réduit à 1 victime sur 4 des 800  000 personnes d’atteintes à la personne référencées.

NB : L’enquête montre qu’environ 10 % des bénéficiaires sont victimes d’une infraction de type discrimination, racisme, antisémitisme, homophobie, LGBTI-phobies sexisme. Accompagnant souvent une autre infraction principale, ces données ne se retrouvent pas dans les statistiques France Victimes.

Les femmes victimes de violences sexuelles ont plus tendance à s’adresser à une AAV que les hommes (77 % des victimes de violences sexuelles selon l’enquête CVS vs 91% des usagers des AAV).

Par ailleurs, les AAV reçoivent fréquemment des victimes pour lesquelles les infractions se sont déroulées au sein de la famille (5 violences sur 10 ; 5 agressions sexuelles sur 10), l’auteur étant très majoritairement le conjoint/concubin/ex (dans 83 % des cas ). Aussi, près d’une situation sur 4 concerne des violences conjugales.

Concernant les premiers contacts avec l’association, la moitié des victimes ont connu l’association par le biais des services de police ou de gendarmerie. L’entourage de la victime ainsi que le personnel du tribunal sont aussi des vecteurs d’informations fréquents.

De manière générale, 8 victimes sur 10 ont indiqué ne pas avoir éprouvé de difficultés à trouver les coordonnées de l’association.

Ce premier contact avec l’association est établi dans les trois quarts des cas par la victime elle-même, dont les deux tiers par téléphone. Il est effectué dans quatre fois sur dix par un juriste, et dans un tiers des cas, un agent d’accueil ou un secrétariat.

Dans les trois quarts des cas, la victime se dit très satisfaite de ce premier contact (et dans 20 % des cas assez satisfaite).

 

Des entretiens répondent largement aux attentes des victimes (92 %)

Concernant les entretiens, les victimes ont très majoritairement pu bénéficier d’un entretien avec l’association (93 % des situations ; l’assiette servant à l’enquête ne pouvant, de fait, prendre en considération les mises à dispositions de l’association ), et 50 % de plusieurs.

Ils sont menés en face à face, nécessitant le plus souvent une prise de rendez-vous. Ce résultat de l’enquête est faussé par la spécificité du public retenu par l’enquête. En réalité, pour 2019, 59 % des entretiens se sont déroulés par téléphone.

Près de la moitié des entretiens ont été réalisés par un juriste, un sur trois par un psychologue.

Les victimes ayant eu un entretien estiment que le langage utilisé était très clair (84 % ; 15 % assez clair).

Les entretiens répondent largement aux attentes des victimes (92%) et les victimes se disent globalement satisfaites des échanges (pour 96 % ; 73 % très satisfaites et 23 % satisfaites).

 

Une grande majorité de victimes satisfaites de l'aide apportée

Concernant les types d’aide apportée, les victimes bénéficient dans une situation sur deux d’une aide exclusivement juridique ou psychologique (51 % des victimes ont bénéficié d’une seule aide, 26 % de deux types d’aide et 6 % de trois types d’aides ; 49 % d’une aide juridique et 45 % d’une psychologique ; 25 % ont bénéficié d’une aide administrative).

Les femmes sont plus nombreuses à bénéficier d’une aide psychologique (dans une situation sur deux).

L’aide juridique est requise à près de deux fois sur trois (64 %) pour se constituer partie civile et presque aussi souvent (59 %) pour demander des dommages et intérêts. Trois victimes sur dix (27 %), quant à elles, ont bénéficié d’une aide pour obtenir leur indemnisation (dont plus de la moitié pour saisir le SARVI ).

Seules 3 % des victimes ont bénéficié d’une aide sociale, dont 10 % pour l’accès à une structure d’hébergement (la moitié des victimes ont été victimes d’une infraction s’étant déroulée au sein du couple).

L’aide jugée la plus utile est l’aide juridique (39 % considèrent que l’aide juridique est la plus utile, 35 % l’accompagnement psychologique et 16 % l’aide sociale).

Cependant, lorsqu’une victime a bénéficié de plusieurs types d’accompagnement, c’est l’aide psychologique qui est jugée la plus utile (dans une situation sur quatre).

Globalement, les victimes sont très satisfaites des aides apportées par les AAV (64 % se disent très satisfaites, 27 % assez satisfaites, 3 % plutôt pas satisfaites et 3 % pas du tout satisfaites).

 

Focus 116006

L’enquête indique que peu de victimes connaissent l’existence du 116 006 (11 %).

Le canal le plus fréquent de connaissance du numéro reste les plaquettes ou les affiches (46 %).

Seul 3% de l’ensemble des victimes usagères déclarent avoir eu le 116 006 au téléphone.

 

Pour autant, le numéro d’écoute semble répondre aux besoins des victimes, puisque 95 % des personnes ayant utilisé ce contact téléphonique ont été satisfaites de l’orientation donnée (69 % très satisfaites et 26 % satisfaites), et 100 % satisfaites de l’échange avec le professionnel.

  pdf Retrouvez l'intégralité de la synthèse (327 KB)


JMLMPA fb 

Le 15 juin a lieu la journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées. Ces victimes, particulièrement vulnérables, n'ont pas toujours les moyens de signaler les faits qu'ils.elles. ont subi.

Les seniors victimes de maltraitances et de violences ne peuvent plus être des « sous-citoyens » !

Les seniors ne pouvant pas toujours se rendre à la police ou à la gendarmerie pour porter plainte, leurs droits sont de facto sous-représentés. 

À l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées, la fédération France Victimes souhaite alerter sur cette situation et réfléchit à des solutions pour leur permettre de s’exprimer et d’être mieux accompagné.e.s par les associations d’aide aux victimes.

Le Réseau France Victimes a accompagné en 2019, près de 20 000 seniors (+ 65 ans) victimes, 2 400 de violences intrafamiliales et 154 seniors victimes de violences dans des établissements. Durant le confinement, la Fédération n’a pas constaté d’augmentation. Ces chiffres sont sans doute trompeurs, puisque les seniors sont très peu informés et n’ont pas toujours les moyens de signaler les faits dont ils.elles. sont victimes, en particulier dans les établissements pour personnes âgées.

C’est pourquoi France Victimes propose :

  • de rendre obligatoire une information visible dans les lieux accueillant les personnes âgées (établissements, Centres Locaux d’Information et de Coordination (CLIC), association de seniors…) avec un numéro d’appel pour signaler les faits dont elles sont victimes ;
  • de rendre obligatoire la nomination et la formation des référents « victimes » qui serait habilités à signaler des faits et à recueillir des révélations du résident, de sa famille, ou de membres de l’établissement, et à mettre en place, si le cas le nécessite, une mise sous protection urgente ;
  • de rendre systématique une demande d’évaluation des besoins spécifiques de protection de la victime âgée suite à un dépôt de plainte ou un signalement.

La fédération France Victimes est particulièrement sensible aux violences à l’encontre des seniors, qui doivent pouvoir être reconnus et pris en charge comme chaque citoyen.

Elle travaille dans cet objectif avec les services ministériels. Elle met également aujourd’hui en place un groupe de travail sur l’adaptation des politiques publiques d’aide aux victimes à ces personnes âgées, afin de leur permettre d’être accompagnées comme toute autre personne victime de manière adéquate.


SARVI Justine

Afin de répondre toujours mieux aux attentes de ses bénéficiaires, le Fonds de Garantie des Victimes s'est doté d'un chatbot programmé pour répondre aux questions les plus courantes des victimes sur le Service d'Aide au Recouvrement des Victimes d'Infractions (SARVI*).

Le SARVI offre ainsi aux victimes l'assurance d'obtenir 24h/24 et 7j/7 une réponse rapide liée au fonctionnement de ce dispositif grâce à l'assistante virtuelle nommée Justine.
Pour faire appel à Justine, il suffit de cliquer sur le bouton "Besoin d'Aide ?", en bas de la page du SARVI.

SARVI

Ce projet est aussi le fruit de la collaboration entre le Fonds de Garantie des Victimes et la fédération France Victimes et de son Réseau, qui ont été sollicités sur ce projet, et qui travaillent ensemble pour faciliter les démarches des victimes et favoriser le recours à l’indemnisation.

 

*Le SARVI : Créé en 2008, ce service aide les personnes victimes d'infractions à obtenir le paiement des dommages et intérêt alloués par une décision de justice.


FV Logo fond transparent

 

17 mars – 17 mai 2020, deux mois de confinement durant lesquels les 130 associations France Victimes :

  • ont multiplié et varié les efforts de communication pour faire connaitre leur disponibilité aux partenaires et au grand public ;
  • sont restées mobilisées pour les urgences (comparutions immédiates en violences conjugales, mesures d’évaluation des besoins de protection (EVVI), et des remises de Téléphones Grave Danger), même si elles constatent une baisse de ces urgences ;
  • ont adapté leurs pratiques pour le public et se sont mises à disposition pour mieux se coordonner avec les partenaires locaux dans ce contexte de télétravail. 


    Quelques exemples à citer : rappels des victimes dont l’audience a été reportée, appels des victimes dont le conjoint est libéré, ouverture de lignes dédiées Covid, relais des CUMP, déplacement au Tribunal ou à domicile pour les remise de TGD, création d’astreintes de nuit pour les violences conjugales, proposition d’émissions de radios dédiées au public victime, liens directs avec les cabinets médicaux, tenue de permanences éphémères dans plusieurs centres commerciaux, échanges par sms, distribution de kits de 1re nécessité pour les femmes victimes ou mise en place d’aides spécifiques avec le département.

Comparaison chiffrée avec la même période en 2019

Avec 4 000 sollicitations, le numéro national 116006 connaît une hausse + 9 % par rapport à 2019.

Avec la fermeture des lieux d’accueil et la baisse de l’activité judiciaire, l’activité des associations est en baisse de 43 % par rapport à 2019.
Cependant les chiffres restent importants :

  • 33 426 victimes accompagnées en 2 mois.
  • 73 000 entretiens en 45 jours ouvrés.
  • 15 189 entretiens de soutien psychologique (égal à 2019)

Concernant la nature des infractions, autant de violences volontaires sont constatées qu’en 2019.

 

Pour les victimes de violences conjugales

France Victimes a accompagné 13 085 victimes de violences conjugales toutes infractions confondues (+ 8 %)

Avec 10 003 victimes, on note + 20 % de violences volontaires, dont 6 842 faits commis pendant la période.

Les appels au 116006 pour des faits de violences conjugales ont triplé sur la période par rapport à 2019 (9 % des appels en 2019, 25 % en 2020).

On note par ailleurs :

  • + 132 % d'entretiens relatifs à des Téléphones Grave Danger
  • +  86 % d'entretiens d’évaluation des besoins de protection (EVVI)

Si les victimes de violences conjugales ont principalement fait part d’une crainte et d’une tension dans les familles les 1res semaines, on remarque une nette augmentation des faits de violences après 4 semaines de confinement : + 60% de faits de violences conjugales sur les 3 dernières semaines.

 

Pour les victimes mineures

Le Réseau a été confronté à 2 528 situations de mineurs durant ces deux mois de confinement, ce qui représente - 67 % par rapport à 2019, sur la même période. Cette diminution est due à moins de proactivité sollicitée, pas de désignation d’administrateur ad hoc, fermeture des bureaux d’aide aux victimes...

1 112 situations de mineurs ont été signalées comme étant victimes dans le cadre familial, 889 mineurs victimes de viols, dont 179 subis durant la période. Nous avons pu évoquer nos craintes directement avec Adrien Taquet, Secrétaire d'État à la protection de l'enfance. 

 


MDV LOGOBIENV

Un projet d’origine citoyenne, co-construit avec des personnes victimes et des experts

Mémo de Vie est le fruit d’une consultation citoyenne, initiée par Make.org entre le 25 novembre 2017 et février 2018. Différentes idées ont ainsi été émises par des citoyens pour lutter contre les violences faites aux femmes. Parmi elles, une application qui permettrait aux personnes victimes de garder une trace des événements, accéder à des ressources fiables et stocker de manière sécurisée des éléments qui pourraient faciliter un éventuel dépôt de plainte et une enquête. Convaincue qu’une telle application était pertinente et pouvait également s’adresser à toute personne victime de violences répétées, France Victimes s’est alliée à Make.org pour développer cette solution.

Après plusieurs mois d’études et de réflexions qui ont permis d’affiner le projet, ce dernier a été sélectionné pour bénéficier du soutien de Share-IT, un accélérateur technologique qui développe des solutions numériques à impact social positif. Nous avons veillé à co-construire notre projet en lien avec le public visé via des groupes de travail, entretiens et tests de fonctionnalités avec des femmes victimes de violences. À chaque étape et pour chaque aspect, nous avons également pris soin de nous entourer d’experts pour nous aiguiller et conseiller : développeurs, avocats, travailleurs sociaux, expert en cybersécurité, graphistes...

 

Une web-application regroupant quatre fonctionnalités clefs 

“Mémo de Vie”, le nom choisi pour cette solution digitale, prend la forme d’une progressiv web-application, c’est-à-dire qu’elle ne nécessitera pas de téléchargement. Elle sera disponible aussi bien sur ordinateur que tablette ou téléphone et accessible sans connexion. La sécurité des utilisat-eur-rice-s a été notre première préoccupation. Ainsi, un bouton d’urgence est prévu à toutes les pages : il permettra de quitter rapidement le site, déconnectera l’utilisat-eur-rice et effacera l’historique selon certaines conditions. L’accès à son espace personnel nécessitera de renseigner un code qui sera redemandé pour accéder aux éléments sensibles de l’application. 

 

Mémo de Vie proposera quatre fonctionnalités pour aider au mieux la personne victime à sortir des violences :

  • Le journal dans lequel l’utilisat-eur-rice aura la possibilité de raconter et de consulter des événements aussi bien positifs que négatifs. Elle pourra y associer des médias (audios, vidéos, photos…) pour illustrer son événement et indiquer le degré de sécurité ou de danger ressenti. 
  • L'espace sécurisé lui permettra de stocker de manière cryptée et horodatée aussi bien des médias divers (photos d'ecchymoses, audios de menaces…), que des documents officiels (certificat médical, jugement de divorce, papiers d’identité…) dans deux catégories distinctes.
  • La rubrique contacts utiles mettra à disposition les numéros importants aussi bien d’urgence que d’accompagnement pour les personnes victimes de violence.
  • La bibliothèque proposera une sélection d’articles fiables pour se documenter et s’informer sur diverses thématiques relatives à leur situation : droit, santé, social, famille… Différents outils seront également disponibles pour permettre aux personnes victimes d’évaluer leur situation.

 

Un outil complet pour prendre conscience et sortir des violences

Mémo de Vie proposera ainsi un accompagnement sur-mesure aux personnes victimes de violences répétées via une sélection d’interlocuteurs nationaux adaptés à leur situation. La possibilité est offerte, en remplissant un formulaire, de demander à ce que ce soit France Victimes qui recontacte la personne selon les informations qu’elle aura précisées. Mémo de Vie donnera également accès à des informations fiables sur les droits des victimes, la santé ou encore les possibilités d’accompagnement.

Par le biais du journal, la victime pourra décrire les faits et en garder une trace, palliant la problématique des troubles de la mémoire qui accompagnent souvent les violences, et notamment le psychotrauma. Cette aide mémorielle, ainsi que des indications visuelles (couleurs, émoticônes) permettront de prendre du recul sur son vécu et de l'aider à prendre conscience de la situation, voire de la gravité des violences. Par ailleurs, la possibilité de partager le journal permettra de transmettre un récit cohérent et documenté et ainsi faciliter l’enquête. La possibilité offerte par l'espace sécurisé de rassembler tous les documents officiels dans un même endroit permettra de simplifier les démarches administratives et judiciaires. Enfin, le récit des événements livré par le journal et les médias sécurisés dans le coffre-fort pourra aider à prouver les faits en constituant des indices  graves et concordants.

 

Une web-app à destination des personnes victimes et des proches, qui facilite le travail des professionnels

Ainsi Mémo de Vie a vocation à accompagner la prise de conscience des violences, sécuriser des éléments clefs et proposer un accompagnement et une aide directe pour les personnes victimes de violences répétées. Cependant, il s’adresse également aux proches qui sont témoins souvent impuissants et pas entendus. Mémo de Vie va les aider à garder une trace de ce à quoi ils assistent ou ce que la personne victime leur raconte. Il leur fournit les clefs pour les aider, les épauler et les orienter vers les bons interlocuteurs et les bonnes démarches. Enfin Mémo de Vie a également vocation à faciliter le travail des professionnels. Ces derniers pourront ainsi avoir accès, après un partage via l’utilisat-eur-rice, à des informations clefs afin d’accompagner plus efficacement  les victimes. De même, les professionnels suspectant des violences pourront recommander l’utilisation de Mémo de Vie, de manière tout à fait autonome et confidentielle pour la personne. 

 

La première version de Mémo de Vie sera disponible en septembre/octobre 2020. Expérimenté par les associations France Victimes et avec tous les partenaires qui voudront bien s'en saisir, notamment dans des territoires pilotes, il sera ensuite largement diffusé par tous les prescripteurs dans la France entière. 
Si vous souhaitez en savoir plus, nous faire part de vos remarques ou vous investir dans ce projet, vous pouvez nous contacter via le mail suivant : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Ordinateur et téléphone

Depuis le 17 mars, les demandes de victimes concernant les arnaques et escroqueries sur Internet sont en hausse. Cela peut s’expliquer notamment par une augmentation de l’utilisation d’internet dans le cadre du confinement (télétravail, cours en visioconférence, achats en ligne…) qui induit une augmentation de l’exposition au risque.


Les victimes d’arnaques rapportent de nombreuses situations parmi lesquelles :

  • Arnaque à la fausse offre d'emploi ou fausse offre de location, afin de soutirer des documents personnels (CNI, bulletins de salaires, avis d'imposition, etc.) dans le but d’usurper l’identité de la personne.

  • Arnaque à la fausse annonce sur des sites dédiés aux ventes et achats entre particuliers. Il arrive régulièrement que l’usurpateur fournisse à l’acheteur une carte d’identité obtenue frauduleusement afin de le rassurer.

  • Arnaque aux faux supports informatiques (ordinateur semblant être pris à distance, où bloqué) avec dépannage prétendu par des experts en informatique.

  • Arnaque aux faux investissements boursiers en ligne.

  • Arnaques sentimentales, qui constituent une attaque à l’intégrité morale des victimes. Elles peuvent provoquer : isolement, déprime, le suicide dans les cas les plus graves. Sur internet, la technique adoptée est souvent celle qui suit : un arnaqueur usurpe une identité attrayante afin d’attirer sa victime, pour ensuite établir une relation de confiance et obtenir de l’argent, le tout par mail. Il existe également le chantage par webcam, la personne vous menace alors de diffuser des images de vous sur les réseaux si vous ne payez pas une certaine somme. Cela peut aussi être un ami qui se présente dans le besoin.

Dans le cadre de toutes ces situations, la victime peut se retrouver confrontée à un ransomware (= logiciel malveillant qui bloque l’accès à l’ordinateur des victimes et exige une rançon).
Il existe d’autres menaces liées aux nouvelles technologies répertoriées et expliquées sur les fiches du site cybermalveillance.

Comment France Victimes agit face aux arnaques ?

L’aide fournie par le réseau d’associations France Victimes consiste avant tout en un accompagnement des victimes depuis le dépôt de plainte jusqu’à une éventuelle indemnisation lorsque l’infraction est caractérisée.

Le 116 006 permet une écoute des victimes, afin d’évaluer leurs besoins et la nature de l’aide nécessaire. Le but est d’orienter les victimes vers les partenaires idoines (souvent déjà consultés préalablement par les appelants, comme cybermalveillance.gouv.fr qui informe et assiste les victimes via des prestataires référencés) ou le réseau France Victimes pour un accompagnement (aide à la plainte, signalement sur la plateforme PHAROS).

PHAROS est plateforme du ministère de l’intérieur chargée du signalement d’infractions sur internet, des faits tels que : la pornographie – le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, l’apologie du terrorisme, les arnaques financières utilisant internet. Cette plateforme est traitée par des policiers et gendarmes qui vérifient la présence d’une infraction à la loi et contactent les autorités compétentes en fonction du méfait pour ouvrir une enquête sous l’autorité du procureur de la République.

France Victimes permet ainsi d’appuyer la démarche des victimes et de faciliter leur saisie des dispositifs existants.
Dans les situations les plus traumatisantes (très fort sentiment de culpabilité et honte de « s’être fait avoir ») la victime peut bénéficier d’un soutien psychologique spécifique.

Pour les associations et partenaires de France Victimes, une formation à distance de 2 jours : "Cybercriminalité : la réponse pénale et l’accompagnement des victimes" est programmée les 8 et 9 juin 2020. N'hésitez pas à vous inscrire !


Le Samu social lance SOS Confinement, une plateforme téléphonique solidaire.
Le 800 19 00 00
est un numéro pour  personnes isolées confrontées à la pesanteur et à l’agression du confinement et qui ont besoin de réconfort.

Cette plateforme d'écoute, d'échange et d'information propose, en fonction des besoins exprimés par les appelants, un accompagnement par des interlocuteurs spécialisés et le cas échéant une orientation vers des services médico-psycho-sociaux. 

SOS Confinement

Cette ligne d'écoute est principalement destinée à accueillir les personnes qui n'ont pas accès à internet ou ne peuvent pas se servir d'un ordinateur comme par exemple les personnes âgées ou les personnes handicapées. Elle peut également échanger avec des enfants et répondre aux angoisses et à l'anxiété des personnes qui appellent.

SOS Confinement fonctionne comme une sorte d'agora qui peut permettre :

  • De parler et d'être écouté - et de lutter ainsi contre l'isolement
  • De poser des questions et de recevoir des informations précises, pertinentes et rassurantes sur la crise en cours et les pratiques conseillées
  • D'être orienté.e.s au besoin vers des interlocuteurs spécialisés (psycho-sociaux et/ou médicaux) et des structures pouvant répondre de manière appropriée, dont notre Fédération sur des questions d'ordre juridique et plus particulièrement le 116 006. 

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