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La Fédération France Victimes, tous les deux ans, organise son prestigieux Grand Prix à l'occasion des Assises nationales de l'aide aux victimes. L'objectif premier de cet événement est d'encourager et de soutenir les associations locales dans la reconnaissance et la valorisation de leurs actions en faveur des victimes. Les candidatures pour ce prix sont ouvertes à toutes les associations locales du réseau France Victimes engagées dans l'aide aux victimes.

La sélection et le jury du Grand Prix France Victimes

Le jury de sélection, est composé d'une victime ou d'associations de victimes, d'un représentant de l'autorité publique, ainsi que de 4 membres de la Fédération et il œuvre à la sélection des lauréats. Le Grand Prix France Victimes offre une visibilité au sein du réseau et contribue efficacement au partage des connaissances. En moyenne, entre 5 et 6 candidatures sont évaluées chaque année, aboutissant à l'attribution d'un Grand Prix et d'un Prix Coup de Cœur.

Le jury évaluera les dossiers sur 4 critères : leur pertinence, leur inspiration, leur impact, leur mise en place / faisabilité. Le dernier critère repose sur l’idée de voir si le projet est duplicable aisément, et permet ainsi un déploiement auprès de tous les territoires. Pour garantir une évaluation équitable et impartiale de tous les projets candidats, une procédure d'anonymisation des dossiers est mise en place pour l'ensemble des membres du jury. Chaque dossier, contenant les informations sur les candidats, sera préalablement anonymisé avant d'être transmis à chaque membre du jury, qui disposera de 15 jours pour étudier les projets avant une réunion d'échanges dédiée quelques semaines avant les Assises.

Les précédentes éditions du Grand Prix France Victimes

En 2019, le Grand Prix a été décerné au projet d'exposition "Portraits de femmes : Sortir du silence" par l'association CIDFF-France Victimes 55, tandis que le Prix Coup de Cœur a récompensé le projet de médiation canine dans le cadre de procédures judiciaires de l'association ALAVI-France Victimes 46.

En 2021, le Grand Prix a honoré France Victimes 31 pour son protocole "Dispositif Vigilance Violences", assurant une protection des victimes de violences conjugales dans le parcours d'exécution de peine de l'auteur ; tandis que le Prix Coup de Cœur a été attribué à ADAVI Nouvelle-Calédonie pour la création d'un bureau d'aide aux victimes lors des audiences foraines.

Le Grand Prix France Victimes 2024

L'association distinguée bénéficie d'un soutien professionnel sur mesure afin de mettre en lumière son projet. Cet accompagnement englobe une gamme complète de services adaptés aux besoins spécifiques de l'association lauréate. De la création de supports de communication tels que des reportages photo ou vidéo, des flyers et des affiches, à la conception et à la mise en œuvre d'une campagne dynamique sur les réseaux sociaux, en passant par la diffusion d'informations auprès des médias locaux par le biais de dossiers de presse ou de communiqués. L'équipe de communication collabore étroitement avec les équipes porteuses de projet pour examiner chaque possibilité de déploiement, garantissant ainsi un accompagnement sur mesure adapté à leurs besoins spécifiques. L'objectif de cette phase d'accompagnement, programmée pour le second semestre de l'année 2024, est d'accroître la visibilité et l'impact du projet tout au long de l'année. Cette phase d'accompagnement, visant à étendre l'impact du projet, se déroulera au second semestre de l'année 2024.

Le Prix Coup de Cœur

Le Prix Coup de Cœur, décerné par le Jury, se matérialisera par la création d'une affiche spéciale lors des Assises, mettant en avant le thème choisi cette année-là, réalisée par un illustrateur local de la ville accueillant le Grand Prix. L'objectif est de souligner l'aspect local et concret de l'aide aux victimes, en mettant en lumière la contribution exceptionnelle du lauréat.

Les modalités de participation

Pour 2024, l'envoi des candidatures se fait avant le 19 mai par les associations du réseau France Victimes.

Les résultats du Grand Prix France Victimes 2024 seront annoncés lors des Assises nationales de l'aide aux victimes le 27 juin en début de soirée à l'Hôtel de Ville de Toulouse par Catherine Moyon De Baecque, Présidente de la Commission de lutte contre les violences sexuelles et les discriminations dans le sport du CNOSF, en présence du Maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc.

   pdf Téléchargez le dossier de candidature (233 KB) et envoyez le à comfv(at)france-victimes.fr avant le 31/05/2024


20240516 Livret Colloque psy

 

Les 16 et 17 septembre 2024, la Fédération France Victimes organise un colloque exceptionnel à l'Espace Reuilly, Paris. Un événement clé pour aborder les spécificités des violences faites aux mineurs, la prise en charge, la protection et l'accompagnement des familles.

Quels sont les enjeux des violences faites aux mineurs et comment recueillir leur parole ?

Table ronde 1 : “Les caractéristiques psycho-sociales des violences faites aux mineurs et accueil de la parole”

La première matinée sera consacrée à une table ronde animée par Mélanie Dupont, psychologue et docteure en psychologie, et Lucile Hervouet, sociologue. Elles discuteront des caractéristiques des violences subies par les mineurs et de l'importance de l'accueil de leur parole. Mélanie Dupont apportera son expertise de l'Unité Médico-Judiciaire de l’Hôtel-Dieu de Paris, tandis que Lucile Hervouet partagera ses recherches sur les violences intrafamiliales, y compris l'inceste.

Comment protéger les mineurs face aux violences sur internet ?

Conférence : “Violences sur Internet : comment aider les victimes ? Quelle place pour les familles et quel rôle pour les professionnels ?”

Samuel Comblez, directeur des opérations chez e-Enfance, interviendra ensuite pour aborder les violences sur internet. Avec son expérience de psychologue spécialisé dans la protection de l’enfance, il expliquera comment aider les victimes et le rôle crucial des familles et des professionnels.

Qui sont les acteurs clés de la protection des mineurs et quels sont leurs rôles ?

Table ronde 2 : “La protection des mineurs : quels acteurs, quels rôles, quels enjeux ?”

L'après-midi se poursuivra avec une table ronde réunissant Véronique Béchu, commandant de police, Bénédicte Kerebel, juriste, et Mélanie Dupont. Elles discuteront des différents acteurs impliqués dans la protection des mineurs, leurs rôles et les enjeux majeurs auxquels elles sont confrontées. Véronique Béchu apportera sa perspective en tant que Cheffe du pôle stratégie de l’Office mineurs, tandis que Bénédicte Kerebel partagera son expérience juridique et administrative.

Comment l'attachement et la parentalité influencent-ils la prise en charge des mineurs victimes ?

Table ronde 3 : “Attachement et parentalité”

La deuxième journée débutera par une discussion sur l'attachement et la parentalité avec Magalie Ledieu et Nathalie Honoré, psychologues cliniciennes spécialisées en psychotraumatologie. Elles exploreront l'importance de ces facteurs dans la prise en charge des enfants victimes.

Quelles pratiques innovantes et créatives peuvent aider les mineurs victimes ?

Partage de pratiques : “Aller vers des pratiques innovantes et créatives”

L'après-midi sera dédiée au partage de pratiques innovantes avec Lucie Potet, psychologue clinicienne, Maeva Largier, psychologue clinicienne de l’AMAV 84, et Emmanuel Contamin, pédopsychiatre et thérapeute EMDR. Ils présenteront des méthodes thérapeutiques novatrices pour accompagner les mineurs victimes.

Comment adapter les outils de prise en charge aux enfants en situation de handicap ?

Conférence : “Adapter nos outils aux enfants en situation de handicap”

Enfin, Marie Rabatel, experte violences et handicap au ministère des Sports et présidente de l’AFFA, clôturera le colloque avec une conférence sur l'adaptation des outils de prise en charge aux enfants en situation de handicap. Elle partagera son expérience personnelle et professionnelle pour sensibiliser et améliorer la prise en charge des victimes en situation de handicap.

Inscription et Tarification

Pour assister à ce colloque essentiel, inscrivez-vous dès maintenant ici.

Tarifs :

  • Réseau France Victimes : 150 € (tarif unique) - Formation Qualiopi
  • Hors réseau :
    • Inscription individuelle : 190 €
    • Inscription employeur : 275 €
    • 2 participants et plus : 225 € par personne

Conditions d'annulation :

  • En totalité jusqu'au 9 septembre 2024
  • 50 % jusqu'au 13 septembre 2024
  • 0 € à partir du 14 septembre 2024

Les journées sont indissociables.

Ne manquez pas cette occasion unique de participer à un événement crucial pour la protection des mineurs et l'accompagnement des familles. Rejoignez-nous pour deux jours de discussions enrichissantes et d'échanges constructifs.

Le livret du colloque
(MAJ 10/06/2024)

 

Prise en charge OPCO :

N° SIRET : 339 175 705 00054⎮Code APE : 9499 Z

N° de déclaration d'activité : 11 75 45287 75 , auprès du Préfet de Région Île de France

Organisme de formation certifié Qualiopi


 

Page de garde Rapport Annuel

Introduction : Héritage de Robert Badinter

Il y a 40 ans, Robert Badinter nous a confié une mission essentielle : aider les victimes. Son héritage repose sur la solidarité, une aide universelle et une vision humaniste de la résolution des conflits. Depuis, les associations d’aide aux victimes relèvent ce défi chaque année, en complément des actions de l’État.

Chiffres Clés de 2023

En 2023, France Victimes a aidé plus de 400 000 personnes victimes, dans ses associations ou à travers le numéro d'aide dédié : le 116 006. Près de 1 million d’entretiens ont été menés pour apporter soutien et orientation. Le Réseau s’est étendu à plus de 1560 lieux d’accueil à travers le pays. Le numéro national 116006 a traité près de 60 000 sollicitations, soit une augmentation de plus de 20 % par rapport à l’année précédente.

Points Forts de l’Année 2023

  1. Animation du réseau associatif : Avec la tenue de réunions régionales impliquant les divers service de la Fédération dans le soutien aux associations locales. 
  2. Augmentation des Sollicitations : Les violences intrafamiliales et la cybercriminalité ont dominé les appels au 116006, montrant une augmentation de plus de 20 % des sollicitations.
  3. Formation et Qualification : Plus de 60 formations ont été dispensées à 971 apprenants, représentant une progression de 228 %. Ceci souligne l’importance de maintenir un haut niveau de qualification des intervenants.
  4. Visibilité et Communication : La communication a été renforcée avec le développement d'une nouvelle stratégie sur les réseaux, de nouvelles lettres d'information et d'une charte graphique. Les relations presse se sont accrues avec la publication de trois tribunes. 
  5. Poursuite active du déploiement de Mémo de Vie

Engagements Spécifiques en 2023

En 2023, France Victimes s’est particulièrement engagée sur plusieurs fronts :

  • Mineurs Victimes : Déploiement du PAMIVI (Parcours d'Accompagnement des Mineurs Victimes).
  • Violences Sexuelles et Sexistes : Renforcement des actions et sensibilisation dans le cadre de journées internationales ou encore du déploiement de Mémo de Vie
  • Victimes de Dérives Sectaires : Collaboration avec la Miviludes et organisation des 36es Assises nationales de l'aide aux Victimes à Montpellier sur la thématique de l'Emprise
  • Élus Victimes : Coopération avec l’AMF (Association des Maires de France) et la Cellule CALAE du ministère de l’Intérieur.

Perspectives pour 2024

L’année 2024 s’annonce prometteuse avec plusieurs perspectives clés :

  • Renforcement des Moyens : Augmentation et diversification des budgets pour soutenir les actions des associations.
  • Conventions Pluriannuelles : Mise en place de conventions avec le ministère de la Justice pour assurer la prévisibilité et la continuité des services.
  • Nouveaux Partenariats : Collaboration continue avec la Gendarmerie Nationale, Citoyens et Justice, et l’IFJR (Institut Français de Justice Restaurative).
  • Transformation Numérique : Déploiement d’outils numériques comme Mémo de Vie et adaptation du progiciel IPG pour améliorer l’efficacité des services.

Conclusion

L’année 2023 a été marquée par une activité intense et des réalisations significatives pour France Victimes. Les perspectives pour 2024 sont prometteuses avec un engagement accru et des moyens renforcés pour continuer à aider efficacement les victimes. Le réseau France Victimes, fort de ses valeurs universalistes et humanistes, reste déterminé à améliorer la prise en charge des victimes à travers tout le pays.

pdf Lire le Rapport d'activité 2023 (20.37 MB)

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La Fédération France Victimes, sous l'égide de sa présidente Maryse Le Men Régnier, continue de renforcer son engagement en faveur des victimes à travers des initiatives et des projets innovants. L'Assemblée Générale, qui s'est tenue le 27 avril dernier à Paris, à l'ASIEM, a marqué une étape importante de cette année 2024.

Approbation à l’Unanimité des Rapports Clés

Lors de cette assemblée, les 86 adhérents présents, représentant 67 % des membres, ont voté à l'unanimité pour l'approbation des rapports moral, d’activité et financier. Maryse Le Men Régnier a partagé les points saillants de son rapport moral, repris également dans le Rapport d'activité 2023 présenté à cette occasion. 

Adoption du Nouveau Code de Déontologie

Un autre moment fort de cette Assemblée a été l'adoption du nouveau code de déontologie. Ce document, fruit de plusieurs réunions de travail et discussions, a été approuvé par 71 voix pour, 9 voix contre et 6 abstentions. Maryse Le Men Régnier a souligné l’importance de ce code pour le renouveau du projet fédéral et a remercié les membres et administrateurs pour leur contribution précieuse.

Renouvellement du Conseil d’Administration

La Présidente a également exprimé sa gratitude aux 11 candidats qui se sont présentés pour le renouvellement du tiers des membres du conseil d’administration.

Trois nouveaux membres rejoindront prochainement le conseil (outre les associations réélues) : Avede-Acje (Evreux – 27), France Victimes 78 (Versailles – 78) et Initiatives France Victimes Guadeloupe (Basse-Terre – 97-1).

Débats et Perspectives

Les débats tenus lors de l’Assemblée ont concerné des sujets cruciaux comme la politique publique d’aide aux victimes et la prise en charge des élus locaux victimes. La présence d’intervenants de renom comme Alexandra Louis, Déléguée interministérielle à l’aide aux victimes, et Guy Geoffroy, vice-président de l’AMF, a enrichi les échanges.

Prochain Rendez-vous : Les Assises Nationales à Toulouse

Maryse Le Men Régnier a rappelé que les Assises Nationales se tiendront à Toulouse les 27 et 28 juin, sur le thème « Sport : terrain de violences et espace de restauration ». Un événement précédant ces Assises, réservé aux adhérents, est prévu le 26 juin avec un ciné-débat autour du film « Touchées » en présence de la réalisatrice Alexandra Lamy.

 

Retrouvez l'intégralité des discours de l'Assemblée générale 2024 : 

- Le Rapport Moral

- Le discours sur le code de déontologie

- Le discours d'accueil pour Alexandra Louis, la Déléguée Interministérielle de l'Aide aux Victimes (DIAV).


Sous l'impulsion du ministère de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, une collaboration a vu le jour entre France Victimes et des organismes privés d'hébergements de loisirs depuis 2022. 

Forte de cette expérience, une nouvelle convention a été signée avec la Fédération Nationale des Hôtels de Plein Air (FNHPA – qui regroupe les campings), laquelle vise à offrir un hébergement d’urgences, en complément du droit commun, aux (co)victimes de violences conjugales

À ce titre, une première phase expérimentale a été lancée ce début d’année, ciblant trois zones géographiques clés : l'Ardèche, la Charente-Maritime et le Morbihan. Au sein de ces départements, un total de 24 campings se sont engagés à ouvrir leurs portes aux victimes, offrant ainsi un lieu sûr et confidentiel, sur une durée définie. Ce dispositif permet ainsi aux AAV de rechercher une solution d’hébergement plus pérenne et d’entamer plus sereinement les démarches associées aux ouvertures de droits sociaux avec les personnes victimes. 

À la suite de cette étape expérimentale, France Victimes et la FNHPA ont exprimé le souhait de poursuivre cette dynamique et d’étendre ce projet sur le plan national. 

Cette convention témoigne de l'importance de l'action collective dans la lutte contre les violences conjugales, et de la nécessité d'innover pour protéger davantage ces dernières.


La fédération France Victimes vous présente pour cette troisième année consécutive son Essentiel 2023.

Ce support imprimé et numérique permet en seulement 8 pages de synthétiser l'année passée et les échéances 2024.

Vous y retrouverez : 

  • Les chiffres clés,
  • Les temps forts et les focus,
  • Les expertises et auditions,
  • L'actualité sur nos partenariats,
  • Les avancées et les innovations dans l'aide aux victimes,
  • Nos projets européens,
  • Les rendez-vous de 2024.

Pour le lire, c'est par ici :  Essentiel 2023 - France Victimes


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Photo (de gauche à droite) Faouzia Sahraoui, Alexandra Roveda et Cédric Balland - © Noëmie Bertomeu Bianco-Dolino⎮France Victimes

Alors que le procès se déroule dans un climat médiatique intense, le rôle des associations d'aide aux victimes comme SOS France Victimes 67 devient essentiel. Leur présence aux côtés des victimes, leur accompagnement personnalisé et leur soutien constant contribuent à atténuer les souffrances et à faciliter le cheminement des victimes vers la réparation.

Cet entretien a été réalisé le 11 mars 2024 à la Cour d’Appel de Paris avec les membres de SOS France Victimes 67 présents : Faouzia Sahraoui - Directrice, Cédric Balland - Directeur du pôle Aide aux victimes de l'association, accès au droit et médiation et Alexandra Roveda - psychologue. Ces échanges avec Noëmie Bertomeu Bianco-Dolino - Responsable communication et relations publiques de la fédération France Victimes, offrent une plongée dans la complexité de l'accompagnement des victimes d'actes terroristes. Alors que le procès de l'attentat de Strasbourg du 11 décembre 2018 est en cours, les acteurs de terrain partagent leurs observations et expériences.

À travers cet entretien, se dessine le portrait d'une prise en charge complexe et multidimensionnelle, façonnée par les spécificités des attaques terroristes et les aspirations des victimes à voir leurs droits respectés.

Noëmie : Pouvez-vous revenir sur la chronologie des événements de votre association SOS France Victimes 67 lors de la survenue de l’attentat du 11 décembre 2018 ? 

Faouzia : En date du 3 mai 2016, SOS France Victimes 67 est désignée association d’aide aux victimes référente départementale pour les victimes d’actes de terrorisme, ainsi que pour leurs familles, par décision de la Cour d’Appel de Colmar. C’est à ce titre que nous avons été activés le soir même de la survenue de l’attentat par la Procureure. Un centre d’accompagnement des impliqués (CAI) provisoire avait d’abord été monté à la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), qui a duré jusqu’à quatre heures du matin. 

D’ailleurs, à l’époque, pour la prise en charge des victimes, il nous avait été demandé de dépêcher des psychologues qui parlaient les langues suivantes : le turc, l’anglais, l’arabe ou encore le polonais, et en tout cas à cette époque, notre association était dotée de ces langues. Nous avons également fait une réunion avec les équipes de la Cellule d'Urgence Médico-Psychologique (CUMP) pour faire un point de situation sur les dispositifs. 

Dans la nuit, a été ouvert le Centre d’Accueil des Familles CAF, avec la ville de Strasbourg, que nous avons rejoint à sept heures du matin le 12 décembre. Notre association a mobilisé 15 personnes, dont 6 juristes, 8 psychologues et 1 fonction support des deux associations d’aide aux victimes.

On était sur deux fronts : nos psychologues étaient en binôme avec la CUMP pour les premières évaluations, et les juristes assuraient un rôle d’information au sein du CAF. Durant les cinq jours où s’est tenu le CAF, 1739 personnes ont été reçues en entretien. 

On a pu constituer tout de suite les dossiers avec le Fonds de Garantie en créant un circuit d’accompagnement sur les lieux. 

Cédric : Cette première étape dans le processus d’accompagnement close, le 19 décembre, notre association a participé au comité local d’aide aux victimes (CLAV), présidé par le préfet de département et le procureur de la République, pour ouvrir un Espace d’information et d’accompagnement (EIA), pour une durée de 14 mois. Il faut le voir comme un lieu de centralisation pour les partenaires et les victimes, qui s’inscrit dans la continuité du CAF : un point de repère, où la victime pouvait continuer son accompagnement.

Faouzia : Il est à noter que c’est la première fois qu’un EIA était monté au sein d’un CAF. Dans les partenaires à nos côtés dans cet Espace on citera en particulier  l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre (ONAC-VG), la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), la Caisse d’Allocations Familiales (CAF), les Impôts, Pôle Emploi, le Barreau de Strasbourg, la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (FENVAC), l’Association française des Victimes du Terrorisme (AFVT), la Cellule d'urgence médico-psychologique (CUMP), avec la présence notable de psychiatres, la Police Judiciaire, pour prendre les plaintes sur place.

Noëmie : Combien de personnes accompagnez-vous aujourd’hui pour le procès ? 

Cédric : Des 1739 personnes, il va y avoir une liste plus resserrée qui s’appelle la “liste partagée”, tenue par les services du ministère de la Justice, qui regroupe environ 89 personnes qui sont suivies de manière plus resserrée. Cette liste recense les victimes décédées (et leurs ayant droits), les victimes blessées (physiquement, psychiquement) indemnisées par le FGTI. Ces personnes-là sont celles sur lesquelles on a concentré le suivi parce qu’elles sont les plus impactées. 

À l’ouverture du procès, on avait 70 victimes constituées, auxquelles se sont ajoutées 150 nouvelles constitutions de partie civile. Ces personnes là se sont manifestées plus tard, et elles ne seront peut-être pas reconnues, c’est à la Justice de décider. SOS France Victimes 67 s’est concentrée sur la liste partagée. De la fermeture de l'EIA à aujourd’hui, nous avons continué l’accompagnement des victimes au siège de l’association, autant sur le volet juridique et administratif que social. Certaines victimes ont préféré d’ailleurs l’aide ponctuelle que continue, et nous remarquons aussi que beaucoup de suivis ont repris à l’approche du procès. 

Noëmie : Un procès qui aura débuté le 29 février 2024 et qui terminera le 5 avril à la Cour d’Appel de Paris. 

Cédric : Oui. J’ajoute que vers la fin de l’instruction, il y a eu une première réunion faite à destination des parties civiles au tribunal judiciaire de Strasbourg, pour leur donner des informations sur la procédure et le travail d'enquête qui avait été réalisé.
Le 18 décembre 2023, une seconde réunion d'information s'est tenue à notre demande, à destination des victimes, pour les informer du déroulé du procès et des détails organisationnels. Cette dernière réunion d’information a eu lieu en présence notamment du Parquet National Anti-Terroriste (PNAT), de la Directrice des greffes et de la Directrice de Paris Aide aux Victimes (PAV), et de notre association.
En parallèle, ont été organisées des réunions informelles et des moments conviviaux au sein de la mairie de Strasbourg en présence de la Maire et des équipes de la ville. 

Noëmie : Dans la prise en charge des victimes de ce procès de l'attentat de Strasbourg du 11 décembre 2018, quelles ont été les synergies avec PAV pour la préparation ?

Faouzia : Nous avons été réquisitionnés comme l’association Paris Aide aux Victimes (PAV), qui fait également partie du réseau France Victimes. Avec les équipes de Madame Carole Damiani, nous avons organisé trois réunions de travail pour coordonner notre accompagnement à destination des victimes. SOS France Victimes 67 avait effectivement pour intention d’assurer la continuité de la prise en charge, parce que les victimes nous disaient : “vous savez si on va à Paris, on ne connaît pas le personnel, même si ce sont vos collègues, même s’ils sont sympathiques. Est-ce que vous allez nous accompagner ?”. On avait répondu à ces victimes que nous mettrions à disposition, comme PAV, des psychologues. Nous les avons assurés de notre présence lors de leurs témoignages à la barre, surtout qu’elles nous connaissent bien avec Cédric ; et ce même si les victimes sont par ailleurs en contact également avec les équipes de PAV. 

Noëmie : Est-ce que vous venez tous les jours depuis Strasbourg ? 

Faouzia : Nous ne sommes pas là tous les jours, nous étions là les deux premiers jours mais aussi le 8 mars, aujourd’hui le 11 mars et jusqu’à ce que les victimes, qui ont souhaité notre présence, soient passées devant la Cour.

Noëmie : Donc vous restez à la demande des victimes ?

Faouzia : Oui à la demande des victimes. Et justement, après nos collègues de PAV, deux psychologues qui ont engagé aussi des suivis, sont là, eux, du début jusqu’à la fin du procès. 

Cédric : On a vraiment voulu avoir une présence renforcée, j'ai envie de dire même sur mesure, pour certaines victimes. Ce qui implique une présence continue pour assurer une prise en charge soutenue. Nous nous adaptons aux besoins des victimes que l’on accompagne : par exemple vendredi 8 mars, c’était très lourd, à la suite des passages des parties civiles. Du fait de cette présence renforcée de France Victimes, nous avons pu nous répartir pour l’accompagnement de différentes parties civiles. 

Faouzia : Nous tenons d’ailleurs à remercier chaleureusement les collègues de Paris Aide aux Victimes, avec qui cela se passe très bien. Elles sont sympathiques, elles veillent à notre bien-être, elles mettent à notre disposition le Bureau d’Aide aux Victimes (BAV).

Cédric : Nous avons eu un accueil formidable. 

Faouzia : Malgré leur gentillesse, les victimes ne les connaissent pas, donc c’est vrai que certains accompagnements sont difficiles. 

En tout cas, notre Conseil d’administration a décidé de valider ce projet de prise en charge soutenue. Il n’y a pas de prise en charge financière spécifique pour le moment, donc nous avons pris cela sur le temps de l’association, sur notre temps de travail. De mon côté, en tant que psychologue, je ne voulais pas que les victimes, qui nous avaient demandé très directement de venir, se sentent seules. 

Cédric : Il ne fallait pas non plus alimenter un sentiment d’abandon, qui est déjà présent. Il fallait pouvoir être présents dans ce moment, peut-être le plus important… Et c’est ce qu’on vient de faire, avec PAV. 

Noëmie : Est-ce qu’il y a des différences fondamentales dans l’accompagnement d’un procès pour terrorisme avec d’autres types de procès ? 

Cédric : Bonne question. De manière organisationnelle on est sur des faits qui ont eu lieu à Strasbourg, et le procès se passe cinq ans plus tard. Ça peut paraître extrêmement long. Ce procès a lieu dans une grande ville, parfois inconnue pour certains et dans un cadre très très solennel, et puis sur une durée quand même assez longue.
Si on regarde cela d'un point de vue organisationnel et technique il y a quand même des changements importants : c'est un cadre complètement différent. 

On peut se sentir un petit peu perdu, et c'est bien légitime, donc ça change beaucoup sur l’aspect psychologique. Par ailleurs, la thématique des attentats nous touche aussi dans notre individualité : c’est un poids supplémentaire, je trouve que ça a un impact sur l’ambiance générale du procès.

Faouzia : Pour avoir fait sept ou huit ans d’accompagnement des victimes devant la Cour d’Assises, pour des faits de criminalité, je pense que les besoins ne sont pas les mêmes chez les victimes. En tous les cas, le traumatisme ne l’est pas, le stress post-traumatique est très présent. Le contexte fait qu’on ne peut pas considérer, en tant que professionnels, les éléments de la même façon. Le nombre de personnes touchées, le nombre de décès, c’est toutes ces choses là qui font que les éléments en lien avec le terrorisme ont une spécificité. De toutes les façons, les prestations pluridisciplinaires qui sont proposées sont les mêmes pour toutes les victimes : psychologiques, juridiques et sociales.

Cédric : Il y a aussi la composition de la salle qui peut-être impressionnante : des dizaines d’avocats, des gendarmes, des dizaines de parties civiles, il n’y a pas de jurés citoyens, etc …

Faouzia : Même dans l’immédiateté de la mise en place des dispositifs, ce n’est pas quelque chose que l’on va proposer à des victimes de criminalité. Cette présence intensive au départ qui peut durer, avec par exemple l’EIA de cet attentat, qui a duré plus de deux ans. 

C’est important de le souligner, parce que les personnes s’habituent à cette protection : l’EIA devait s’arrêter au bout d’une année, mais nous avons demandé à le prolonger 4 mois supplémentaires parce qu’il a fallu préparer psychologiquement les personnes suivies à basculer dans le "droit commun". Malgré cette préparation, il y a des victimes qui ont mal vécu ce basculement, parce qu’elles se sont habituées à ce cadre de protection, et des professionnels à leur disposition. 

Cédric : Un autre élément majeur dans la continuité de ce que l’on dit concerne la presse. Ce procès est ultra médiatisé, ce qui change aussi la teneur, le contexte, le cadre. Toutes ces différences font quand même qu’on est dans un procès dit "spécial". 

Alexandra : Je trouve aussi qu’il y a beaucoup de soutien entre les parties civiles. Beaucoup de solidarité, alors que dans les procès de droit commun, la victime peut être seule. C’est d’ailleurs parfois très mal vécu par les victimes qui sont aussi confrontées aux propos de l’avocat de la Défense seules. Et les victimes peuvent sortir encore plus éprouvées du procès, ce que je n’ai pas pu encore observer ici. 

Faouzia : D’ailleurs on avait aussi fait la préparation psychologique individuelle des victimes en amont du procès. De plus, à chaque fois qu’une victime sort de la salle pendant le procès, un membre de notre équipe l’accompagne, pour ne pas la laisser seule. 

À noter également par ailleurs que des expertises ont eu lieu chez nous, à l’association, ce qui a permis d’accompagner des victimes qui parfois se sentaient jugées pendant ce processus. 

J’avais l’impression même moi, en tant que professionnelle, que nous étions dans une bulle à l’EIA. Là, tous les professionnels de l’association présents travaillaient sur le même sujet, c’était très prenant pour les équipes. Tous ont travaillé sans compter leurs heures. D’ailleurs les cinq premiers mois on travaillait même les week-ends. 

Noëmie : Pouvez-vous nous décrire les principales doléances exprimées par les victimes de l'attentat de Strasbourg vis-à-vis du déroulement du procès et des dispositifs mis en place pour leur implication ?

Cédric : Les victimes de l’attentat de Strasbourg ont porté à la connaissance de l’association référente un certain nombre de doléances :

  • Les victimes déplorent l’absence de retransmission du procès dans une salle d’audience locale ;
  • Les victimes mettent également en exergue que le dispositif dérogatoire (Nb : de prise en charge directe des frais de justice pour les parties civiles) n’est ouvert qu’à un très petit nombre de personnes et que par conséquent, un grand nombre d’entre elles sont contraintes de renoncer à assister au procès ;
  • Les victimes regrettent l’absence d’informations plus précises sur le planning d’audience permettant de s’organiser davantage.

Pour garder contact avec les victimes, on leur propose aussi tous les soirs un petit compte-rendu : c’est notre manière de garder contact. 

On a enfin pour projet de mettre en place un groupe de parole après le procès pour les victimes qui le souhaitent.

La tenue de précédents procès pour des actes de terrorisme, notamment les attentats de Paris, l'attentat de Nice, ont conduit à de nombreuses réflexions sur la place de la victime dans la procédure pénale. L'association SOS France Victimes 67 reste alerte sur ces questions et assure une veille afin d'informer les victimes, pour un exercice efficace de leurs droits. En qualité de référent départemental, l'association participe à l'ensemble des commémorations et aux réunions de préparation avec la Ville de Strasbourg et la Préfecture du Bas-Rhin. À cette occasion, elle relaye les informations aux victimes, elle recense celles ayant obtenu la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme et se met à leur disposition. Les équipes de SOS France Victimes 67 ont d'ailleurs produit un document qui fait le bilan de cette chronologie, de ces prises en charge et des défis à venir. 

  pdf Télécharger le rapport bilan ici (658 KB)  

 
Précision : L'autre association d'aide aux victimes strasbourgeoise, VIADUQ - France Victimes 67, également adhérente à France Victimes, se rend elle aussi régulièrement au procès, en soutien et aux côtés des parties civiles qu'elle accompagne depuis de nombreuses années. Ce procès se distingue dès lors par l'intervention de 3 associations professionnelles d'aide aux victimes France Victimes, dans le dispositif d'aide aux victimes mis en place. 

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  • Photo (de gauche à droite) Coralie Fraga et Fatna Hamlil - © Noëmie Bertomeu Bianco-Dolino⎮France Victimes

L'Abri est un nouveau lieu d'accueil, d'écoute et d'accompagnement destiné aux victimes de violences sexistes et sexuelles en Île-de-France. Inauguré en mars 2024, cet espace a ouvert ses portes en janvier 2024 au siège de la Région Île-de-France, à Saint-Ouen (93) et a été officiellement inauguré le 7 mars 2024. 

Cette permanence est portée par IDFAV (Île-de-France Aide aux Victimes), très récemment adhérente à France Victimes, et qui réunit l'ensemble des associations d'aide aux victimes franciliennes adhérentes à la fédération France Victimes. Sarah Ben Ayoun et Noëmie Bertomeu Bianco-Dolino sont allées à la rencontre de Coralie Fraga, juriste au sein de l'Abri et Fatna Hamlil, Présidente de l'association IDFAV, pour bénéficier d'un aperçu privilégié de cette nouvelle initiative d'aide aux victimes d'infractions en Île-de-France. L'entretien a été réalisé le 19 mars dans les locaux de l'Abri, situés au Conseil régional d'Île-de-France, à Saint-Ouen.

 

Noëmie : Pouvez-vous vous présenter ? 

Coralie : Je m'appelle Coralie Fraga, je suis juriste à plein temps au sein de l’Abri. Avant cela, j’ai travaillé 3 ans à l'association MEDIAVIPP 91 qui est l'association départementale du 91 pour le réseau France Victimes. 

J’anime avec ma collègue psychologue, Emma Bressy, une permanence de 9h à 18h du lundi au samedi, à l'Hôtel de Région Île-de-France à Saint-Ouen. 

Fatna : Bonjour, Fatna Hamlil, je suis actuellement Présidente de l’association d’aide aux victimes francilienne qui s’appelle Île-de-France Aide aux Victimes (IDFAV). 

 

Noëmie : Un point sur cette association qui coordonne cet espace :  quand a-t-elle été créée ? 

Fatna : IDFAV regroupe toutes les associations franciliennes agréées par le ministère de la Justice et adhérentes à la Fédération France Victimes. C’est une association qui a initialement été créée sous le nom du CLAVIF en 1999 et la modification concernant la dénomination a été faite en juillet 2023. IDFAV a recruté deux salariées à plein temps pour animer cet espace : l’Abri, au siège de la Région Île-de-France.

 

Noëmie : Pouvez-vous présenter l'Abri ?

Coralie : L'Abri se situe au sein du Conseil régional d'Île-de-France. C'est une structure qui a été ouverte ici et qui a vocation à accueillir toute personne qui s’estimerait victime d'une infraction pénale. C'est une permanence qui est à la fois juridique, ça c'est mon volet, et une permanence psychologique, ce volet étant celui de ma collègue Emma Bressy.
On y accueille d'ailleurs les personnes victimes du lundi au samedi de 9h à 18h avec, ou sans rendez-vous. 

Fatna : C’est un projet que nous avons mis en œuvre à partir du mois de janvier 2024, en réponse à un marché de la Région Ile de France. Un accueil physique est proposé dans le cadre de l’anonymat. Il y a également une permanence téléphonique sur les mêmes créneaux horaires. Il y a aussi des contacts qui se font par courriel pour les personnes qui souhaiteraient communiquer de cette manière.

 

Noëmie : Quand est-ce qu'a ouvert l'Abri ?

Coralie : Le début du marché date du 22 janvier et j’ai pris mes fonctions à ce moment-là. Nous avons eu ensuite deux semaines d’installation. Ne serait-ce que pour préparer les locaux, faire les aménagements, la déco. À ce moment-là, il n'y avait pas trop d'activité, la vraie publicité a commencé à se faire le 7 mars, pour l’inauguration. C'est vraiment très récent cette communication, en interne auprès des agents de la Région, et en externe aussi auprès des médias. 

La communication n'est d'ailleurs pas terminée parce qu'ils sont en partenariat avec Ile de France mobilités (ndlr: établissement public local désigné par le code des transports comme l'autorité organisatrice de la mobilité pour la région Île-de-France), ce pour faire vraiment une communication dans l'environnement des transports. 

Pour l'inauguration, nous avons eu entre 90 et 100 appels reçus pour des prises en charge. 

Fatna : L’inauguration a eu lieu le 7 mars, et donc la communication sur cet espace d’accueil devrait se poursuivre dans les mois à venir, avec une perspective dans l’organisation des jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. 

Cet espace vise aussi à l’accueil du public usager des transports en commun d’Île-de-France, notamment pour les cas de harcèlement. 

 

Noëmie : Vous avez donc une ligne téléphonique dédiée ? 

Coralie : Oui nous avons un numéro vert, il s’agit du 0800 730 650.

Ce numéro a été renseigné sur le site internet de la Région, dans l’intranet pour les agents, au dos de flyers distribués. Ce flyer renseigne également l’adresse courriel de contact pour les victimes (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) mais également le plan d’accès pour s’y rendre. 

 

Noëmie : Est-ce que cet Abri est exclusivement réservé aux agents du conseil régional d’Île-de-France ?

Coralie : Non, ce point d’accueil est ouvert à tout type de personnes qui souhaiteraient en bénéficier. On sait bien que selon les distances géographiques, il nous faudra réorienter des victimes vers une association qui serait plus proche de leur domicile pour faciliter leur prise en charge. Les personnes qui viennent nous consulter actuellement sont domiciliées à Saint-Ouen ou Paris.

 

Noëmie : Est-ce que l’idée c’est d’accueillir les victimes par IDFAV pour ensuite les réorienter au niveau local ?

Fatna : Ce n’est pas vraiment ça, au niveau de l’idée, ça doit plutôt être complémentaire. L’idée, ce n’est pas de créer une porte d’entrée au Conseil régional pour ensuite réorienter vers des structures départementales. C’est plutôt de permettre qu’il y ait une complémentarité entre les deux. Puisque nous voyons bien, qu’il n’y a pas un public victime averti de l’existence de nos associations locales. On est bien saisis dans les Bureaux d’Aide Victimes (BAV) et autres permanences, ce type de lieu d’accueil permettra je pense de toucher des personnes qui, pour l’instant, ne le sont pas.

 

Sarah : Comment se passe l’accueil des victimes ? 

Coralie : Évidemment, comme c’est avec ou sans rendez-vous, il faut que les victimes à l’accueil puissent être redirigées vers nous. L’immense majorité des victimes prend des rendez-vous avant de venir. 

Lorsqu’une victime se présente à l’accueil avec rendez-vous, nous allons la chercher. Nous comprenons que l’environnement institutionnel, le siège de la Région, puisse être impressionnant dans une démarche de demande d’aide.

Pour des victimes qui arriveraient spontanément, les personnels de l’accueil ont reçu plusieurs formations et ont réalisé des journées de sensibilisation pour la prise en charge immédiate : la plupart du temps, ces agents nous appellent pour venir chercher les victimes et les accompagner jusqu’aux locaux de l’Abri.

Parfois, il y a même des agents à l’accueil qui accompagnent eux-mêmes directement les personnes victimes. 

 

Sarah : Est-ce que vous changez la durée des prises en charge à l’Abri ?  

Coralie : Quand on dit victime, on part du principe que c’est toute personne qui s’estime victime, qu’elle ait porté plainte ou non, qu’il y ait un parcours judiciaire entamé ou pas.
Le suivi va donc s’effectuer selon les besoins de la victime : à court ou long terme. C’est variable et il n’y a pas de règles. 

 

Sarah : La ligne téléphonique fonctionne sur quelle plage horaire ?  

Coralie : La ligne téléphonique fonctionne sur les horaires de permanence de 9h à 18h. Pour toute personne qui appellerait en dehors des horaires, il y a une boîte vocale. Cette dernière rappelle le numéro d’urgence téléphonique le 17 pour la Police, en plus de préciser qu’il est possible de laisser un message et nous la rappellerons aux horaires d’ouverture.

 

Noëmie : Il est mentionné un accueil 24/24 à l’Abri, pouvez-vous nous en dire plus ?

Fatna : Effectivement, cet accueil 24/24 est proposé par les agents d’accueil formés du Conseil régional d’Île-de-France. Il y a donc une possibilité de s’y présenter dans le cadre du “lieu sûr” (ndlr : équivaut au terme Safe Place souvent employé sur les réseaux sociaux) si cette personne a une difficulté quelconque pour se mettre à l’abri.

 

Noëmie : The Sorority est une application mobile qui est partenaire de l’Abri, quel travail fait-elle à vos côtés ?

Coralie : Si IDFAV s’occupe de l’accueil juridique et psychologique, The Sorority participe de la visibilisation de cet espace au travers de son application mobile. 

C’est un partenariat intéressant, notamment pour toucher une population plus jeune dans le cadre de nos activités, puisqu’elle renseigne la localisation de ce dernier, comme étant une safe place.

 

Noëmie : Est-ce que ce dispositif est foncièrement différent de l’activité d’aide aux victimes que vous faites habituellement au niveau départemental ?

Coralie : Pour le moment nous n’avons pas assez de recul pour pouvoir parler de rupture dans la prise en charge. En attendant, on constate bien que ce type de dispositif est complémentaire de l’accompagnement que l’on fait dans nos structures associatives plus classiques. WhatsApp Image 2024 03 22 at 21.17.34

Noëmie : Que se passe-t-il si vous posez des congés avec votre collègue psychologue ? 

Coralie : Dans ce cas là, c’est à la structure IDFAV de trouver des personnes pour le remplacement.

 

Noëmie : Quel était l’intérêt pour IDFAV de postuler à ce marché ?

Fatna :  L’intérêt premier est qu’il concernait toutes les victimes d’infractions pénales : notre corps de métier pour toutes les associations franciliennes. D’autre part, c’est un dispositif qui est finalement assez innovant, pour accueillir, d’une part les agents du Conseil régional, mais aussi toute personne qui s’estime victime. C’est d’ailleurs un niveau d’action que nous n’avions pas, nous associations franciliennes. Cela nous permet de répondre à une demande qui n’était pas couverte en qualité de professionnels de l’aide aux victimes. 

Noëmie : Quelles sont les actions prévues pour l’année 2024 ?

Fatna :  Nous avons un travail d’identification à réaliser en tant que structure IDFAV aux côtés de la Région Île-de-France, pour amener cet espace à être mieux connu. 

En 2024, nous organiserons également des conférences de type webinaires, prévues pour les professionnels mais aussi pour le grand public francilien. Il est prévu que ces sessions se déroulent une fois par mois. 

 

INFORMATIONS UTILES POUR L'ABRI : 

  • PERMANENCES IDFAV du lundi au samedi, de 9h à 18h (permanences gratuites de juristes et de psychologues, avec ou sans rendez-vous).
  • Numéro vert (gratuit) : 0800 730 650
  • Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • Adresse : Conseil régional d’Île-de-France - 2, rue Simone Veil - Saint-Ouen (93). 
  • 24h/24 et 7j/7 : accueil des victimes en cas de danger, d’agression ou de harcèlement dans l’espace public.

 


À l'occasion du 8 mars 2024, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, France Victimes publie sa deuxième enquête "Féminicides" sur les prises en charge effectuées par le réseau France Victimes en 2022. Le combat contre les féminicides et les violences conjugales reste une priorité nationale en France. Une récente enquête menée par la Fédération France Victimes met en lumière les difficultés persistantes dans l'accompagnement des victimes et des proches touchés par ces tragédies. Les résultats de cette enquête de la prise en charge dans le réseau France Victimes, sur la base des chiffres 2022, soulignent l'urgence d'actions supplémentaires pour prévenir et soutenir efficacement les victimes de féminicides.

Le Bilan des féminicides 2022

En moyenne, une femme décède tous les 3 jours, victime de son conjoint ou ex-conjoint. Trois ans après la précédente étude, France Victimes tire de nouvelles préconisations pour lutter contre les conséquences des féminicides en France. Malgré des avancées dans la mobilisation des Associations d’Aide aux Victimes (AAV) tant lors des violences n'entraînant pas la mort qu’à la suite du décès des femmes victimes, des efforts demeurent nécessaires pour assurer une prise en charge efficace des victimes et de leurs proches.Un Accompagnement Fragilisé

Malgré les efforts déployés par les Associations d'Aide aux Victimes (AAV) du réseau France Victimes, l'enquête souligne les obstacles persistants dans l'accompagnement des victimes. Seulement 7 % des cas ont bénéficié d'un suivi avant les actes de féminicide, tandis que dans 37,5 % des situations, l'accompagnement des proches a pu être assuré après le drame. Ces résultats mettent en lumière la nécessité d'une intervention plus précoce et d'un soutien continu pour les victimes et leurs familles.

L'Impact sur les Enfants

L'étude révèle également que 19 enfants étaient présents lors des actes de féminicide et que peu d'entre eux ont été correctement accompagnés. Il est crucial d'accorder une attention particulière aux besoins des enfants témoins de ces violences, en assurant une évaluation appropriée et en désignant un administrateur adéquat pour les soutenir dans leur processus de guérison.

Solutions et Recommandations

Face à ces défis persistants, France Victimes formule 24 propositions visant à améliorer la prévention, l'accompagnement et la reconstruction des victimes. Parmi ces recommandations, on retrouve :

  • La réquisition systématique des AAV par les tribunaux ;
  • L'amélioration du repérage des situations de féminicides ;
  • Le renforcement des partenariats pour une meilleure coordination entre les acteurs locaux ;
  • L'augmentation significative du budget alloué aux AAV.

Initiatives de France Victimes

En plus de son enquête, France Victimes s'engage activement dans la lutte contre les féminicides en fournissant des dispositifs de protection tels que les bracelets anti-rapprochement et les téléphones grave danger. De plus, la plateforme numérique Mémo de Vie facilite les démarches judiciaires et sociales des victimes de violences.

La publication des résultats de cette enquête souligne l'urgence d'agir pour prévenir les féminicides et soutenir adéquatement les victimes et leurs familles. En mobilisant l'ensemble de la société, des autorités judiciaires aux organisations de la société civile, nous pouvons œuvrer ensemble pour mettre fin à cette violence insoutenable et offrir un avenir plus sûr aux femmes et aux enfants de France.

   pdf Lire le rapport (1.55 MB)



 
Courant décembre, la première intervention sur le thème "Les violences, on en parle ?" a été menée par Élise Bouncer, psychologue référente et Camille Clausse-Pujo, chargée de projets sport à la fédération France Victimes auprès des espoirs U14 en formation au Centre Technique National du Football de la FFF - Fédération Française de Football à Clairefontaine (78).
 
Les échanges ont été riches et collaboratifs, abordant des sujets cruciaux tels que la notion de personne victime, les diverses formes de violences présentes dans le sport et dans la vie quotidienne, ainsi que les conséquences de ces actes. Elles ont également abordé les ressources disponibles pour obtenir de l’aide.
 
Cette initiative a été l'occasion de rappeler l'existence de la ligne d'écoute et d'accompagnement dédiée aux personnes licenciées du football : 01 73 038 442, accessible 7 jours sur 7 de 9h à 21h. 

Cette action s’inscrit dans le cadre du partenariat national entre France victimes et la Fédération Française de Football (FFF), cette dernière ayant exprimé ses besoins de sensibilisations de certains de ses publics par France Victimes et son Réseau : sportives et sportifs entre 13 et 18 ans, puis les encadrantes et encadrants (direction, présidence, entraînement, arbitrage, etc.). 

Des modules d’intervention ont ainsi été créés pour ces deux publics, à disposition des AAV du Réseau, afin de pouvoir les sensibiliser sur les violences (dans le milieu sportif mais aussi hors sport). Certaines associations ont débuté sur le terrain ces sensibilisations.

Pour votre information, la demande de la FFF a permis à France Victimes d’impulser ce travail, mais tout ce matériel de sensibilisations est à disposition de toutes les associations, et pas seulement dans le cadre d’interventions liées au football. Ce tronc commun de modules sera déclinable à tout type de sport, de violence, et sera donc à disposition du Réseau.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à contacter Camille CLAUSSE-PUJO, Chargée de projets Sport à France Victimes : 01 41 83 42 15 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..