Premiers secours psychologiques : connaissez-vous les bases ?  

Le samedi 8 septembre 2018 est la Journée mondiale des premiers secours. Vous connaissez surement les gestes qui sauvent. Connaissez-vous aussi les mots qui sauvent ?

 

Face à une personne en danger, il est indispensable d’avoir les bons réflexes de premiers secours. De la même manière que les premiers soins physiques, il est important de connaître les bases du secours psychologique. Face à une personne victime d’un accident, d’une catastrophe naturelle, d’une agression ou de violences, il est indispensable de pouvoir, dans l’urgence, adopter la bonne attitude, d’avoir les bons mots et surtout de savoir lesquels éviter.

Depuis 30 ans, les professionnels de France Victimes sont formés pour avoir les bonnes attitudes, les bonnes formulations, les mots réparateurs et une juste distance pour un accompagnement des victimes dans l’urgence et dans la durée. Cette expérience nous a permis de distinguer des grands principes des premiers secours psychologiques.

clasped hands 541849 1920

Les grands principes des premiers secours psychologiques

Après un évènement exceptionnel en raison de sa soudaineté, son intensité, sa gravité, la personne qui le subit est extrêmement bouleversée. Les victimes peuvent être déstabilisées, désorganisées psychiquement et débordés par des émotions tellement fortes qu’elles ne peuvent les maîtriser.

Les professionnels de la santé mentale sont les seuls à même de procurer des soins psychologiques efficaces aux victimes de traumatismes. Mais lorsque la situation impose une action rapide et qu’un psychologue n’est pas présent sur les lieux, il est important que les personnes présentes puissent adopter les bons réflexes. L’aide aux victimes est l’affaire de tous !

Comment réagir face à une victime :

Être à l’écoute

Il faut encourager la victime à s’exprimer librement ou formuler son problème si elle le souhaite. Faites-lui comprendre que vous l’écoutez, par exemple en hochant la tête, en acquiesçant ou en reformulant ses propos. Ne banaliser pas les faits et ne jugez pas la victime. Ne l’interrompez pas. Adaptez-vous au temps psychologique et physique de la personne : laissez la s’exprimer à son rythme.

Faites-lui comprendre que vous êtes à sa disposition. Vous pouvez lui demandez comment elle se sent, ce qu’elle veut et ce dont elle a besoin, sans devancer ses besoins. Respectez la vie privée de la personne et ne la pousser pas à raconter son expérience traumatisante si elle ne le souhaite pas.

Garder de la distance

Contenez vos émotions. Écouter la souffrance d’une victime, parfois sa haine, sa colère ne laisse pas indemne et il est important d’être capable d’analyser ses propres réactions. Ayez un timbre de voix neutre, calme et posé. Positionnez-vous près de la personne en gardant une distance appropriée. Ne la touchez pas si vous n’êtes pas sûr que cela soit approprié.

Faire preuve d’empathie

Montrez-vous bienveillant et réconfortant. Faire preuve d’empathie, de solidarité et de respect. Vous pouvez comprendre et reconnaître les émotions mais soyez également en alerte par rapport à vos propres émotions. Gardez la distance et le recul nécessaire. Si la victime vous exprime un sentiment de culpabilité, votre rôle est d’entendre son sentiment sans pour autant le minimiser. Gardez la distance et le recul nécessaire. Vous n’êtes pas à la place de la victime : ne lui dites pas « je vous comprends », « je me mets à votre place », et, dans tous les cas, ne parlez pas de votre propre expérience.

Si la personne est en grande détresse physique ou psychologique, orientez-là vers des services hospitaliers.

Vous pourrez également lui dire qu’il existe un réseau d’associations d’aide aux victimes (www.france-victimes.fr), reconnu par le ministère de la justice, et qui l’accueillera gratuitement partout en France.

Cette information positive vous permet de ne pas la laisser seule dans sa détresse, et elle pourra s’en saisir plus tard

 

Chaque victime en situation de détresse, de fragilité, a besoin de ressentir une solidarité bienveillante. 
Adopter la bonne attitude face à une victime permet de réduire l’impact négatif d’une situation traumatique.